L'ego spirituel

Qu'est-ce que l'ego ?

Ego en latin veut dire moi, je.


L'ego c'est le sens du moi, la représentation et conscience que l'on a de soi-même, les fondements de la personnalité et également une entrave à notre développement personnel.


Krishnamurti parle de fausse personnalité, d'une illusion, d'un enchaînement à des schémas de souffrance (égocentrisme, orgueil, vanité, amour propre, "perception erronée du monde").


Une personne libérée de son ego peut connaître l'éveil spirituel.


L'ego diffère de l'égocentrisme, de l'égoïsme mais peut y mener d'où le fait que le christianisme le perçoive mal.

L'ego est la partie de l'homme qui s'oblige à tout ramener à lui et en même temps sans ego, il n'y a pas d'homme dans la matière.


Le MOI VRAI c'est le sentiment d'exister, de s'aimer, de s'accepter.

L'ego se manifeste au travers de notre autorité et de notre grand désir d'imposer aux autres nos idées, nos façons de penser et d'agir. Il s'agit d'une création mentale, de croyances mises en place, de références au bien et au mal.

L'égo se nourrit du passé et a peur de l'avenir. Si l'ego est au centre de notre être, la conscience et la vie émotionnelle sont surtout régies par un état de crispation. La personne est pétrifiée de peur, constamment sur la défensive, fait l'expérience d'un manque, d'un besoin de positif.


L'ego transforme le besoin d'amour en besoin d'approbation et de reconnaissance de la part des autres, le besoin d'harmonie et d'unité en besoin d'exceller et d'être meilleur que les autres.

Il y a dans ces cas là, une recherche de confirmation externe.

Le jugement des autres est très important, l'estime de soi dépend de cela, la valeur de la personne est en lien avec la référence externe.


Si l'ego dirige la conscience de l'âme, il y a version déformée de la réalité, poursuite du pouvoir et du contrôle qui interprétera les faits en positif et négatif car la peur de perdre le contrôle est sous-jacente, il y a risque à lâcher-prise, peur de s'affirmer, d'être rejeté(e), d'être abandonné(e).


Dans ce cas là, il y a séparation de ce que nous sommes vraiment à savoir un être sans limites, entier et infini. C'est source de toutes nos souffrances.


L'ego est un réflexe de survie, une manière de protéger notre individu, des mécanismes de défense pour éviter de nous exposer car nous avons peur, être dans notre zone de confort, connue, mais aussi une entrave qui nous bride dans notre évolution.


Dans notre société, il est plus facile de dire qu'on est directeur plutôt qu'ouvrier, de montrer qu'on a "réussi", de présenter sa carte de visite, de montrer qu'on a gravi l'échelle sociale, qu'on est plus élevé ce qui nourrit l'orgueil. Nous sommes éduqués à ça dans ce système qui est basé sur la compétition, la concurrence parfois jusqu'à être embarqué(e) au burn-out. Il peut y avoir une identification à son rôle social.


L'ego alimente son propre masque, prend de la place au détriment du bien-être.

Qu'est-ce que l'ego spirituel ?

C'est un narcissisme spirituel déguisé sous le masque des "bonnes intentions", un masque supplémentaire qui empêche la personne d'être elle-même, une posture parfois chez certains thérapeutes, quelquefois pas assez formés, qui n'ont pas la vocation, ne sont pas faits pour ça, masque des "vibrations supérieures", de la "perception éveillée" et de la modestie.

C'est un piège, de la toute puissance.


L'ego spirituel utilise la spiritualité pour servir l'ego, au lieu d'aborder le chemin spirituel avec l'intention d'essayer de dépasser l'ego.

Les chemins, les pratiques et les concepts spirituels deviennent l'esclave de l'ego et créent la naissance de l'ego spirituel.

La personne a la croyance qu'elle est une "personne spirituelle."

L'ego spirituel est un égoïsme spirituel, un ego figé, inflexible dans l'idée de sa propre grandeur spirituelle, pathologique, narcissique qui engendre un sens exagéré de sa propre importance, une croyance d'être une personne éveillée, en leurs propres réalisations, connaissances spirituelles "spéciales" qu'ils ne peuvent se connecter à leur humanité ou la tolérer. Ils ne tolèrent pas non plus les autres personnes.


Exemples :

- Prétendre avoir un "accès spécial" à un guide spirituel, un ange, un esprit, un maître ascensionnel.

- Se croire la réincarnation d'un être supérieur

- Mettre en ligne des photos avec une attitude, une tenue vestimentaire, de manière ostentatoire pour renforcer l'image de soi, de statut et d'attirer l'attention, la validation.

- Déclarer que les autres ne peuvent pas vous comprendre parce que vous avez atteint un certain état de "conscience vibratoire élevée", d'éveil, de libération et montrer du mépris.

- Regarder de haut les personnes "à faible vibration", "non évoluées", "non réveillées", "endormies"

- Imiter ce à quoi ressemble une "personne spirituelle"

- Peut donner lieu aux abus, aux meurtres, aux sectes

- Pas prendre ses responsabilités

- Clamer que travailler ça ne sert à rien, ça n'a pas de sens sous couvert de spiritualité.

- Privilégier l'être à l'avoir, l'être au faire.

- Etre opposé(e) au rythme "métro, boulot, dodo".

- Dire : "Un jour, tu verras, t'y viendras, un jour, la lumière va s'allumer."


C'est donc le contraire d'être dans l'humilité, dans l'ouverture et la volonté d'être honnête avec soi-même.

Quelles sont les solutions pour ne pas tomber dans l'ego spirituel ?

Faire attention à :

- la publicité, au fait de se vanter de ses accomplissements spirituels particuliers.

- revendiquer une position de supériorité, de dons, de talents spirituels

- tenter d'acquérir des qualités divines

- croire que notre lien avec le Divin est plus profond et spécial que celui des autres

- se croire " plus évolué spirituellement" que les autres

- juger les autres moins éveillés...

- tenter de ressembler à une personne spirituelle

- utiliser les concepts spirituels pour éviter d'être confronté(e) aux émotions vulnérables

- afficher sa spiritualité sur les médias sociaux

- s'identifier à la connaissance spirituelle

- essayer de convertir les gens à votre perception

- manque de curiosité, de réceptivité à la vie

- porter un masque de gentillesse, de positivité et de sagesse

- ne pas déraper

- respecter les concurrents dans le domaine du développement personnel qui est aussi un champ de concurrence car le commerce non équitable dessert le message qu'il délivre.

- au cadre des pratiques qui ne le sont pas

- à la bienveillance, à l'honnêteté, au respect qui sont le béaba.

- ne pas croire détenir la vérité car si personne en fragilité en face, ce peut être grave.

- une posture très hiérarchique, très descendante

- être clair(e) dans ses propositions, dans son message en ce qui concerne les professionnels


L'ego spirituel est dangereux parce qu'il est vêtu de robes de lumière.

La personne semble éveillée, illuminée, sage, aimante, nous fait sentir puissants, intouchables, nous donne une bonne opinion de nous-mêmes qui limite notre croissance, qui est la mort de toute transformation, qui nous fait croire que nous sommes arrivés, éclairés, spirituellement supérieur aux autres, qui nous fait croire que nous sommes Dieu.


En fait il s'agit d'égocentrisme, d'obscurité, d'éloignement ou d'absence de lumière, de la conscience, de déconnexion au Divin.


Quelles sont les solutions ?

- Pratiquer une combinaison d'amour de soi et de travail dans l'ombre, deux pratiques de travail intérieur

- Prendre conscience de notre part d'ombre afin d'éviter l'égoîsme spirituel et le narcissisme.

- Se poser les questions :

+ Si je voyais quelqu'un se comporter comme je le fais, que penserais-je de lui ?

+ Suis-je prêt à aller voir mes parts d'ombre ? Mes résistances ?

+ Dans quels domaines est-ce que je me sens spirituellement supérieur aux autres ?

+ Y a-t-il de la cohérence, de la congruence entre ce que je ressens, ce que je pense et ce que je fais. Est-ce que je fais ce que je dis ?


Nous sommes tous égaux, sur des chemins de vie différents, à des étapes différentes de notre développement personnel.

L'état d'être n'est pas incompatible avec la vie dans la société. La manière d'être peut apporter beaucoup de relations positives et c'est peut-être mieux que des convictions péremptoires.



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